Nalec

Role play Nalec de Pilmaldur chef des Flammes du Phénix
 
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Nalec
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MessageSujet: Ludi   Jeu 6 Nov - 23:40

Sa peau était douce et la caresser était un délice. Ses lèvres une promesse, celle d'un envoutement unique. Ils firent l'amour cette nuit là, comme toutes les nuits depuis deux mois. Cela avait commencé comme un jeu, à qui séduirait l'autre, mais très vite le désir se fit trop pressant. Ces nuits de plaisirs étaient incomparables, allongé sur le dos, il demanda une nouvelle fois au ciel comment il avait pu être aussi chanceux. Rien dans ce monde ne lui avait fait connaitre un tel extase. Il avait droit aux caresses expertes d'une femme qui le désirait et qu'il désirait. Droit à un lit chaud et confortable, véritable nid d'amour isolé du reste du monde. Il admira son visage, et une vague d'affection empoigna son coeur, changeant son radicalement humeur. En cet instant il était un autre homme, un homme investit d'un but, un but simple. Etre avec elle. En dépit et malgré tous les obstacles.

Elle ouvrit la fenetre. La clarté matinale le ramena à la réalité, le vent frais accompagnant l'aube lui ôta son sourire brumeux. Nalec se leva. Ainsi commença le rituel de leur journée, chaque jour c'était le même. Il se lavait et s'habillait pendant qu'elle prenait son petit déjeuner, puis c'était à son tour de manger et de l'attendre pendant qu'elle se lavait, se coiffait, se maquillait, le tout en silence, et seulement quand elle avait fini, elle lui adressait la parole pour lui donner les consignes de la journée. Nalec était l'apprenti de la magicienne Yureka depuis trois mois, mais ils dormaient ensemble depuis deux. Yureka était une magicienne aussi belle que puissante et autoritaire, et bien qu'il ne l'ait jamais vu à l'oeuvre, Nalec était persuadé qu'elle était une force pouvant anéantir un chateau, il soupçonnait d'ailleurs, que quelque part dans le monde, elle avait brisé une montagne en deux après un excès de rage. Sa langue acerbe avait plus d'une fois détruit la vanité du chevalier, sans compter qu'elle maitrisait des sciences dont il n'avait qu'entendu parler.

Sa miche de pain terminée, le chevalier de Pilmaldur se leva et descendit dans la cours de l'auberge. Il sortit son épée du fourreau et s'entraina aux parades, aux esquives, aux coups d'estoc et de taille pendant une heure. C'était une habitude qu'il avait réussit à imposer à Yureka, bien qu'elle considéra que c'était incompatible avec sa formation de magicien.
Mais Nalec était avant tout le fils du comte de Pilmaldur, chevalier depuis quatre ans après une formation difficile. Il remit son épée dans son fourreau, c'était une ancienne épée avec une lame blanche comme la craie, sauf en son milieu. En rentrant dans l'auberge, l'aubergiste le salua avec un sourire caché derrière son opulente moustache. Nalec monta les escaliers jusqu'au deuxième étage en courant et entra dans la chambre.


Aujourd'hui j'ai une mission pour toi.Dit-elle sans le regarder, le visage tourné vers la fenetre. On pouvait entendre le bruit des premières charrettes et le son d'une bassine que l'on vide. Nalec détestait cette habitude des citadins de jeter leur pisse dans la rue.
Quelle est-elle?
Tu vas te rendre à l'auberge des quatres vents, elle est sur la route en direction d'Helgire, juste avant le croisement pour aller à Gris-toits. Il y a une source de magie là bas, je veux que tu l'identifies et que tu la détruises.
Nalec attendit un peu avant de poser la question, aussi docile qu'un élève devait l'être.
Il y a t-il autre chose que je dois savoir?
Non.
Je pars quand?
Ce matin.Elle tourna alors son visage et sautilla jusqu'à lui en évitant les objets par terre, et l'embrassa calmement.Tu me manqueras, mais accomplis cette tache sérieusement ou ne reviens pas.

Il appuya son visage contre le sien, prit une courte inspiration et se détourna.

C'était un test, il le sentit, il avait déjà vécu ce genre de situation lorsqu'il s'entrainait à la guilde des chevaliers à Pilmaldur. Après trois mois de formation, il ne connaissait que quelques bases théoriques et les signes. Les signes étaient une ancienne forme basique de magie. Sans incantation ni ingrédient. Un geste rapide et complexe de la main permettait de lancer un sort bien précis définit par le signe lui même, quiconque possédant de la magie pouvait l'utiliser facilement. Mais puisque Nalec était incapable de canaliser de la magie, Yureka l'avait prévenu qu'il ne pourrait pas utiliser ces signes plus de quelques fois par jour sans subir une paralysie temporaire. En fin de compte ce n'était pas grand chose, mais la magicienne l'avait prévenu dès son arrivée : " C'est ridicule, une perte de temps ". Et le temps lui avait donné raison, Nalec s'était révélé être un élève fier et inapte à l'art de la magie.

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MessageSujet: Re: Ludi   Dim 9 Nov - 2:11

Nalec voyage une journée entière avant de faire un feu au soleil couchant. Sa seule compagnie était son cheval désormais, et son seul confort etait sa chemise de rechange roulé en boule pour lui faire un oreiller. L'été déclinait pour laisser place à l'automne, il ne souffrit pas du froid, mais pensa avec regret à la chambre qu'il partageait avec Yureka. Il aperçut d'abord les clotures sur le bord de la route qui protégeaientt les champs des animaux sauvages. Il arriva face à l'auberge des quatres vents en pleine après midi, sa pause déjeuner l'avait laissé insatisfait et il s'imaginait s'asseoir confortablement dans l'auberge avec une assiette de ragout de légumes frais sucré au miel et un bon pichet de vin. Mais le sens du devoir le rattrapa et il fit un effort de discipline pour garder toute sa concentration sur la mission.

L'auberge n'avait pas grand chose d'une auberge vu de l'extérieur, il s'agissait plutot d'une grande ferme, avec un large hangar qui devait contenir à la fois les employés et le bétail lorsque l'hiver approchait, une grande écurie indépendante, alors que dans la plupart des auberges, une aile était ajoutée au batiment pour y entasser les chevaux des clients, et enfin un large batiment à deux étages, avec une terrasse incluant une toiture, faite dans un joli bois foncé, donnant sur le vivier, et du coté de la route, la façade du batiment, simple et sans ornement. Mais elle avait été construite solidement, avec un bois de qualité, et Nalec apprécia la vue du batient, devinant que de nombreuses mains avaient du y contribuer.

Elle entendit d'abord le son des sabots sur la route, puis l'homme qui descendait. Il poussa la porte et avant même de l'avoir refermé, il avait exploré la pièce du regard, d'abord à droite puis à gauche. L'homme portait un pourpoint matelassé, une cotte de maille et quelques plaques d'acier. Chose curieux, son épée était accroché à son dos, avec la ceinture, sans baudrier. Néanmoins il ne faisait aucun doute qu'il était chevalier, Ludi avait l'habitude des hommes d'armes, à tel point qu'elle savait faire la différence entre un riche officier et un chevalier semi-noble. Sa cotte de maille était plus belle et la première impression qui émanait de lui était la méfiance et non l'arrogance.


Bonjour sire, je m'appelle Ludi, je vous souhaite la bienvenue chez moi.Dit-elle avec un sourire en esquissant une révérence.
Je vous salue et vous remercie, mon nom est Nalec.La beauté de la femme le frappa sur le champ. Elle avait de longs cheveux, couleur paille, chose rare chez les femmes du bas peuple qui préféraient d'ordinaire un coupe courte plus pratique. Elle était grande et fine, et n'avait clairement pas eut le corps usé par le labeur et la misère, son sourire était franc et honnête, et il se surprit à lui sourire en retour sans l'avoir prémédité. Nalec inclina légèrement la tête en répondant.
Je viens séjourner quelques jours dans votre relais.Il l'annonça comme un fait, et non comme une demande. Il aurait par politesse ajouté " s'il y une chambre de libre " mais il ne le fit pas. Mais il était poli, et après tout n'importe quel client aurait pu faire de même.
Nous avons plusieurs chambres de libre, nous en avons une...Le chevalier leva doucement le main avec un sourire pour faire signe à l'hotesse d'arreter sa présentation.
Je prendrais la plus chère qui ne donne pas sur la route, le reste m'importe peu.
Très bien, je vous y conduis.Elle présenta l'étage du bras et continua avec politesse.

Nalec repéra vite que la femme avait des manières et savait parler avec respect et importance. Il devina qu'elle était la maitresse de la maison, et qu'elle même donnait des ordres aux domestiques dans l'auberge et aux ouvriers dans les champs. Sa chambre contenait un coffre pour le rangement, une table, trois chaises, un lit et une sculpture de hibou en bois. La sculpture était perturbante. Après avoir déposer ses affaires et confier son cheval au garçon d'étable, il s'autorisa un demi pichet de vin et un siège sur la terrasse, et bien qu'au début le cri des oies l'ennuya, elles finirent par partir et il profita de quelques heures de répit et d'observation immobile, confortablement installé avec son verre de vin, il voyait tout ce qui se passait dans la ferme.

Ce n'est que lorsqu'il porta son bouclier depuis la selle de son cheval, jusqu'à sa chambre, qu'elle put voir le blason de Nalec. Elle ne le reconnut pas, mais c'était sans importance. Bien qu'habitué à être obéit et à donner des ordres, il se montra courtois et tenta même d'être aimable avec un brin d'humour lorsque la sangle de son cheval se refusa à ses doigts gantés. Il était différent des voyageurs, marchands, paysans, coursier et autres clients habituels. Il ne parlait pas de lui même, de sa provenance, de la région, ou des affaires qui l'obligeaient à quitter son foyer. Satisfait de n'avoir simplement rien à faire, comme certains vieux soldats. Ou les nobles, pensa t-elle en pinçant les lèvres.

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MessageSujet: Re: Ludi   Dim 9 Nov - 14:35

Nalec passa sa première nuit éveillée, scrutant depuis divers points d'observation les allers et venues des ouvriers, domestiques et des animaux nocturnes. Il était à l'affut et fit plusieurs fois le tour des batiments d'un pas feutré. Deux fois il se fit remarquer, et à chaque fois il feignit d'observer les étoiles en adressant un salut innocent à la personne qui l'avait surpris. Il repéra le puits, le métier à tisser, la cabane pour le bois de chauffe. Il repéra également les limites du domaine, parcourant la campagne à pied pendant plusieurs heures. Le lendemain matin, Ludi lui apporta un broc pour se laver, mais le chevalier n'eut la force de se lever qu'une fois midi passé. Il enfila son pourpoint et accrocha son épée dans son dos. Il vit un attelage, arrivé la veille, repartir avec force de cri et de coups de baton pour faire avancer les boeufs.

Bonjour sir, une nuit bien longue dites moi.
Dans ma cast, le plaisir d'une grasse matinée est rare.Nalec était anxieux qu'elle pose des questions sur ce qu'il avait fait cette nuit.
Resterez vous également avec nous aujourd'hui?
Oui madame.Répondit-il en esquissant un léger sourire, par politesse.
Je vous apporte une assiette du ragout de ce midi, désirez vous un demi-pichet? Celui d'hier peut être?
Non merci, en fin d'après midi seulement.

Il s'assit à table avec son assiette, mais son sens de la discipline prit le dessus. Il laissa son déjeuner et partit dans la cours pour s'entrainer. Se réveiller plutot. Dans la cours il vit un autre homme, grand et large, s'entrainer à l'épée. Il fut aussi surpris que lui de voir un autre chevalier. Mais après un bref salut rustique, les deux hommes s'ignorèrent et s'entrainèrent chacun de leur coté. Le grand chevalier finit son entrainement en premier et regarda Nalec termina ses exercices, puis alla à sa rencontre.

Je vous salue sire, bienvenue chez moi, je me nomme Adros.
Nalec.Repondit-il en empoignant le bras puissant d'Adros, à la manière des guerriers.
Je vois que vous venez d'Helgire, j'ai déjà vu un chevalier d'là bas combattre, il tenait son épée, comme vous, dans le dos, je trouve ça pas commode mais bon.
En effet c'est là bas que j'ai été formé. Je suis chevalier depuis quatre ans maintenant.
Aaah, et vous voyagez jusqu'ici pour les affaires ou la quete de gloire?
Les affaires, j'attens quelqu'un, on s'est donné rendez vous ici.Il mentit en souriant.
Vous avez bien raison, vous avez le temps pour la gloire et toutes ces choses bien plus tard. Et puis il s'agit pas seulement de devenir riche, mais de pouvoir en profiter. Vous...
Toutes ses terres sont à vous?L'interrompit Nalec, avant qu'il ne pose une autre question à laquelle il ne voulait pas répondre.
Oui.Adros lui fit un large sourire en découvrant toutes ses dents. Ses privilèges de chevaliers se résumaient à une fortune de quelque cent pièces d'or et les terres autour de l'auberge. Il avait deux domestiques, et quatre à douze ouvriers suivant la saison. Ludi était sa femme, elle s'occupait de l'auberge et du potager. L'affaire était bonne selon lui. Nalec comprit vite qu'il s'agissait d'un homme d'arme prompt, bien éduqué mais sans subtilité. Il ne pourrait pas le renseigner sur la source de magie qu'il cherchait. Il partit en pretextant un déjeuner à finir, ce qui était vrai. Il réchauffa son assiette au feu de la cheminée et mangea en réfléchissant.

Durant la journée, plusieurs clients rejoignirent l'auberge. Les compliments étaient toujours les mêmes, notamment la belle boiserie du lieu et la propreté de la maison. Ludi était appréciée de ses pairs et on lui donnait sans compter de nombreux sourires. Les marchands et les ouvriers lui donnaient des nouvelles, parlaient de leur labeur, ils allaient vers elle et entamaient sans gêne la conversation, car elle était la personne la plus avenante qui soit. Au fond de son coeur Nalec la jalousa, car lui n'avait pas son talent pour avoir des amis. Mais il ne perdit pas sa bonne humeur, et lorsque la nuit tomba, Ludi décrocha un luth suspendu au mur par un clou et entama une ballade au milieu de la salle commune, sous les encouragements enthousiastes des clients. Adros arriva peu de temps après, comme appelé par la musique. Sa forte carrure suffisait à faire régner l'autorité dans l'auberge malgré la bière qui coulait.

Ce soir là Nalec eut un indice. Il discutait avec un marchand qui faisait une étape à l'auberge pour la nuit, il raconta au chevalier que lui et son frère était venus il y a six mois, avec un rhume de tous les diables. Son frère, plus chétif que lui, avait eut de la fièvre peu de temps après leur arrivé. Finalement il ne pouvait plus voyager et restait au lit à délirer. Mais un matin, peu de temps après lui avoir donné son petit déjeuner, la fièvre l'avait abandonné et il avait reprit des couleurs.


On a immédiatement chanté les louanges du miel du pays, mais la vérité c'est qu'il lui a suffit d'une journée et d'une nuit au chaud, pour se débarasser de la maladie. Depuis cette maison porte chance.

Nalec accéléra le mouvement et interrogea tous les clients ce soir là. Une autre personne lui confirma un cas de guérison miraculeuse survenue ici. Il y deux mois. La piste se précisait.

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Dernière édition par Nalec le Mar 18 Nov - 21:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ludi   Mar 11 Nov - 19:24

Nalec réfléchit seul dans son lit. Il savait qu'une source de magie se trouvait ici, elle guerissait les maux des hommes passant par l'auberge. Sa première impulsion, en tant que chevalier rompu au combat, fut d'arpenter tout le domaine à la recherche de quelque chose d'inhabituelle. Mais la magicienne lui avait appris la logique, et il était formé à penser plusieurs fois au même problème, considérant d'autres angles. Il réfléchit encore à son problème d'un tout autre point de vue. Les seuls éléments stables dans cette auberge, hormis le bois et la pierre, c'était le couple qui le dirigeait. C'était eux qu'il devait surveiller.

Après une matinée à observer de loin Adros, l'impatience le prit. Il se rendit dans le paturage derrière l'auberge et s'approcha d'un cheval. Cela lui brisait le coeur, mais il n'avait pas le choix. Il tira son épée et d'un coup circulaire rapide, blessa le cheval à la patte. Puis il se cacha et attendit. Un ouvrier attrapa le licol du cheval blessé et l'emmena dans l'écurie. Nalec avait sa main sur la poignée de son épée, prêt à frapper par surprise. Mais l'ouvrier ne fit rien d'étrange, il attacha la bête et courut chercher de l'aide. Ludi et deux ouvriers arrivèrent. Nalec savait qu'il ne se passerait rien, il resta caché. Quelques heures plus tard, toujours caché, les muscles douloureux, il entendit un bruit de pas légers. Son sens du danger l'avertit que c'était le moment clef. Il leva la tête par dessus la botte de paille derrière laquelle il était caché.

Ludi s'avança vers la bête blessé et murmura quelques paroles de réconfort, puis elle versa quelque chose que Nalec ne put discerner dans la mangeoire de l'animal. Mais il vit la fiole, c'était un très bel objet vert et jaune, décoré avec deux feuilles et un bouchon sculpté. Il sut. Prit par l'excitation, il se leva et se plaça entre la sortie et Ludi. Il tira son épée avec souplesse en s'avançant.


J'ai été envoyé par une magicienne pour clore la source de magie présente ici. Je crois que je l'ai enfin trouvé.Il devait tuer la femme. C'était difficile, mais il savait bien que ce test ne serait pas sans difficulté, Yureka savait ce qu'elle faisait.
Attendez Nalec, ce n'est pas ce que vous croyez! Co... Comment pouvez vous tirer l'épée contre une femme.Dit-elle en reculant.
Vous êtes magicienne, pas une jeune fille sans défense.Répondit-il tout en avançant encore plus.
Non Nalec! Je ne le suis pas!L'honneteté de sa voix stoppa net le chevalier.Il y a deux ans de cela, j'ai recueilli une dryade à la porte de ma maison, elle était blessée et affamée. Je l'ai nourri et soigné du mieux que j'ai pu. Comme elle n'avait pas d'or, elle m'a donné ceci pour me remercier.Elle leva la fiole bien haut. Malgré la faible lumière lunaire, Nalec discerna qu'elle n'était plus qu'au quart pleine.
Merde!Nalec se maudit intérieurement. Mais très vite, par soucis de fierté, il reprit contenance.je vous crois jeune demoiselle, et vous prie de m'excuser pour la frayeur que je vous ai causé.

Il rengaina son épée dans son dos. Ludi poussa un soupir de soulagement. Ensemble ils discutèrent du problème qui se posait pour Nalec. Finalement il décida par lui même qu'il irait mentir à la magicienne, en déclarant qu'il avait détruit la potion de guérison. Cela laisserait le loisir à Ludi de continuer à l'utiliser.

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MessageSujet: Re: Ludi   Mer 12 Nov - 22:41

Alors que Ludi et Nalec quittaient l'écurie, Adros apparut, son épée à la main, scintillante au clair de lune.

Je t'ai entendu menacer mon amour! Tu paieras de ta vie pour cela!Dit-il avec la machoire crispé de colère.
Arrete Adros! Nalec et moi avons trouvé un accord.
J'ai entendu.Et cette fois il hurla à s'en décrocher la machoire.Et je refuse de laisser une magicienne ou ce fils de pute décider de ton sort. S'il avertit sa magicienne, cette chienne,Il cracha le mot avec une haine venimeuse.alors le danger rodera encore autour de notre maison. Il doit mourir.

Sans plus de bavardages, il se lança dans un assaut brutal. Nalec esquiva avec une impulsion à droite et un volte face gauche. Adros finit son mouvement loin derrière son ennemi, emporté par son élan. D'un geste souple, qui trahissait une habitude meurtrière, Nalec dégaina son épée du fourreau. Son épée à la lame blanche avait un reflet fantomatique à la lumière de la Lune. Comme la promesse d'une mort venue d'un autre monde.

Dès que je t'ai vu, avec ton épée étrange, j'ai su que tu serais un problème.

Nalec rusa et tenta une manoeuvre.

Alors c'est un duel à mort hein.Dit-il avec mépris.Je me fous bien de ta vie petit homme, pourquoi accepterais-je ton duel?
Je te laisse pas le choix.Répondit-il en s'avançant.
Je préfère de loin te priver de ton honneur et te réduire à l'état de mendiant.

Adros attaqua, d'abord d'une feinte puis d'un rapide coup de taille. Nalec contra en allant au contact, puis grace à un dégagement habile, il attaqua violemment Adros, qui contra à son tour. Mais plutot que de pousser son avantage, Nalec fit un bond en arrière, gagnant ainsi du temps pour parler.

Si je l'emporte, tu me donneras ton épée et tes terres. Ces biens m'interessent beaucoup plus que ta misérable vie.Adros avança, le visage rouge de colère.On est d'accord?
Qu'importe!

Adros était plus grand et plus fort que Nalec, mais il n'avait pas été entrainé dans l'académie d'Astragor, et plusieurs mouvements que Nalec connaissaient lui étaient inconnus. Finalement, après un coup puissant au poignet, qui emporta un gros morceau de chair, Adros lacha son épée. Nalec pointa son épée vers Adros.

Avoue ta défaite maintenant.Il haletait sous l'effort du combat.
Finissons en.Adros lui respirait comme un boeuf, et dans sa respiration on sentait la force de cet homme.

Soudainement il se jeta à terre et récupéra son épée. Mais Nalec réagit vite, anticipa le mouvement de son ennemi, et d'un coup rapide, entailla le bras d'Adros tandis qu'il portait un coup d'estoc dans le vide. Mais ce ne fut pas suffisant, Adros n'abandonnait pas. Il avait un genou à terre, Nalec le frappa avec son pied pour le mettre à terre et arma son coup pour le transpercer.


Avoue ta défaite maintenant !Hurla t-il.
Je suis vaincu, finis ça vite.

Alors Nalec se redressa, fit le tour de son ennemi à terre, et ramassa l'épée par terre, puis s'éloigna de quelques pas.

Que fais-tu?!
Tu es vaincu, je gagne donc ton épée et tes terres.Répondit-il en montrant l'épée qu'il venait de récupérer.
Tu ne peux pas faire ça! Tu n'as pas un titre assez grand.
Au contraire, je suis Nalec, Comte de Pilmaldur, du Duché d'Helgire. A présent ecoute mon offre. Tu récupéreras ton épée et tes titres en échange d'une année entière à mon service, ou lorsque tu me sauveras la vie. Acceptes tu?

Adros jeta un coup d'oeil à sa femme. La fierté, l'intelligence, la rancoeur, l'honneur tourbillonnaient dans sa tete. Finalement ce fut l'amour qui l'emporta. Il ne pouvait laisser sa femme dans la misère.

J'accepte.
Attrape!Dit-il en lui jetant adroitement son épée.
Pourquoi?
Je te la prête le temps de ta servitude, tu ne la récupéreras réellement qu'une fois l'année écoulée. En attendant tu seras mon garde de corps. Puis-je compter sur ton honneur?
Tu crois en mon honneur?Demanda Adros avec dédain.
Je ne devrais pas?Répondit-il, menaçant.
Si tu peux.Répondit Adros après un instant de reflexion.Tu as une drole de manière de traiter tes ennemis Nalec.
Nous reparlerons demain.

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MessageSujet: Re: Ludi   Mar 18 Nov - 22:27

Il fut donc conclut le lendemain que Nalec partirait immédiatement retrouvé Yureka pour tenter de lui mentir. Il savait en son coeur qu'il n'y arriverait pas, mais il devait le tenter, l'alternative allant contre la morale et l'honneur. Or Nalec voulait être considérer comme un chevalier honorable. Ensuite, soit il continuait sa formation avec la magicienne, soit il rentrerait chez lui, en Pilmaldur, avec Adros. Celui-ci devait donc se préparer à partir, sans savoir s'il devrait partir dans trois jours ou dans trois mois. C'était dur pour le couple, Nalec le sentit, mais il ne s'en voulut pas, il considéra que c'était une punition légitime pour la stupidité et l'arrogance d'Adros de l'avoir défier en duel. Et puis la vie était cruelle.

Il rentra donc en ville, après un jour et une nuit de voyage. Il se rendit à l'auberge et ouvra la porte de sa chambre avec Yureka. Elle l'attendait, évidemment. Elle lui tournait le dos et resta silencieuse. Elle ne l'accueillit pas avec la passion et la tendresse que le Comte espérait. Il ferma la porte en la saluant.


Bonjour ma belle magicienne.Dit-il tendrement.
As tu accompli ta mission?Demanda t-elle sans se retourner. Nalec soupira.
Je suis allé à l'auberge, la tenancière possédait une fiole de guérison, qu'une autre magicienne lui avait donné. Elle l'utilisait pour soigner les animaux et les hommes de passage. Personne ne savait faire de magie. Je l'ai démasqué et je l'ai laissé garder la fiole pour ses besoins futurs.

Elle ne montra aucune réaction émotive.

Tu as faillis à ta mission, tu es renvoyé. Adieu.

Avait-elle trouvé un autre amant? Avait-elle un nouvel apprenti? Lui en voulait-elle pour quelque chose depuis tout ce temps? Avait-il omis de voir quelque chose à l'auberge? Etait-ce un test?
Nalec ne pouvait le savoir, et il ne le saurait surement jamais. Il ouvrit la porte et partit. Quelques minutes et une pinte d'hydromel plus tard, Yureka, toujours debout dans la chambre, sans avoir remuer le moindre muscle, entendit le son de sabots ferrés claquant sur la voie pavé.

Nalec revint à l'auberge des quatres vents.


Comment ça s'est passé?
Je lui ais dis la vérité, elle m'a renvoyé sur le champ.
Je suis navrée Nalec.La réaction de Ludi le surprit et le toucha au fond de son coeur. Il regarda sur le coté pour cacher son étonnement.
C'est une femme étrange, nous avions beau être proches, elle ne s'est pas attaché à moi. Elle n'est pas sincère et chaleureuse comme toi.
Elle ne t'a même pas dis adieu? Vous n'avez pas parlé? Vous ne vous êtes pas embrassés avant de partir?
Non, elle n'a montré aucune réaction émotive. Sauf une.
Laquelle?
Elle me tournait le dos.

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MessageSujet: Re: Ludi   Sam 22 Nov - 19:35

Nalec dormit une nuit de plus à l'auberge des quatre vents. Il dormit mal. Le soir même Ludi lui avait annoncé qu'elle ne souhaitait pas être séparée de l'homme qu'elle aimait. Elle comptait vendre la maison et les terres pour s'installer dans la comté de Pilmaldur, plutot que d'attendre un an son retour. Nalec avait simplement acquiescé sans montrer le tourbillon d'émotion qui était apparu, comme d'habitude. Il s'en voulut d'avoir crée tant de problèmes à une famille qui ne lui avait rien fait. Mais il était un chevalier, fort et éduqué, il était fier et avait une haute opinion de lui même. Il ne parlerait pas de ses remords, jamais.

Ils ne demandèrent que trois jours, le temps de vendre et de se préparer. Nalec accepta sans hésiter. Les deux domestiques et encore deux ouvriers acceptèrent d'accompagner Adros et Ludi en Pilmaldur. Le chevalier fut étonné de cet loyauté, mais lorsque, en pleine après midi, il vit Ludi cultiver les légumes et nourrir les oies comme n'importe quelle paysanne, il comprit pourquoi les ouvriers l'aimaient, tandis qu'Adros étaient respecté pour sa force et son autorité. Ils partirent quelques jours plus tard, avec trois chariots remplis. Adros et Nalec montaient la garde, tandis que Ludi dormait au milieu des bagages pendant la majorité de la journée. Mais le soir venu, elle sortait son luth, et enchantait la compagnie de sa voix. Ils parlèrent de beaucoup de choses, mais principalement de l'agriculture, de l'élevage, de la confection des objets du quotidien et du climat. Nalec n'avait jamais autant conversé avec les paysans, et n'y tenait pas plus que ça, ne trouvant que peu d'intérêts à ses choses.

Il parla un peu de Pilmaldur, de sa terre pauvre et peu cultivé, de sa grande cité, forte de deux murailles, avec sa garnison et son école de chevaliers. Il remarqua vite que les maitres épéistes et les nobles de passage n'interessaient que très peu son auditoire, alors il se tut rapidement. Mais l'un des ouvriers lui demanda.


Maitre, j'ai entendu une histoire un jour, il parait que vous avez combattu des gobelins.
Le jeune homme devait à peine avoir vingt ans, et n'avait surement rien vu de plus dangereux qu'une bagarre d'ouvrier.
Oui c'est vrai, beaucoup.
Et on dit aussi que vous parlez aux elfes et aux dryades, et aussi que vous êtes un curieux drole, mais je sais pas vraiment ce qu'il voulait dire...
Il voulait dire que les hommes sont rarement amis aux elfes et autres créatures mystiques.
Ah, donc c'est bien des baliv... balivernes toutes ces histoires hein m'sieur.
Non elles sont vraies. Il y a un village composé d'elfe près de chez moi et une colonnie de dryades dans la forêt qui borde la frontière est de ma contrée.
Ah, vous avez un grand pays alors?!
Pas du tout, mon comté se traverse d'un bout à l'autre en trois jours, et c'est une terre pauvre avec très peu de richesse.

Adros ronflait dans un coin depuis une bonne heure, mais Ludi elle, était réveillée et alerte. Elle alla parler en catimini à Nalec des dryades, elle demanda si elle pouvait aller à leur rencontre.

Elles tirent une flèche sur quiconque pénètre leur territoire. Mais j'irais avec vous, nous apprendrons peut être quelque chose sur le sort de votre ancienne amie, après tout elle vient peut être de là.

Ludi sourit.

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MessageSujet: Re: Ludi   Dim 30 Nov - 17:33

Le voyage alla sans mauvaise rencontre, ils atteignirent la cité de Pilmaldur et montèrent dans la salle du conseil, qui ressemblait à s'y méprendre à une salle du trone, hormis qu'en lieu et place de trone, il y avait une haute chaise richement décoré près du feu, sans estrade ou surélévation. Le père de Nalec, l'actuel Comte de Pilmaldur, y siégeait. Ludi et Adros apprirent donc que Nalec n'était pas le Comte de Pilmaldur comme il l'avait dit, mais le troisième fils du Comte, le reléguant ainsi au titre de fils sans importance. Un simple chevalier. Ludi comprit alors que l'assurance de Nalec n'était pas fondé sur sa naissance comme elle l'avait cru. Et il obéissait à son père sans hésiter.

Nalec expliqua la situation à son père, ainsi que son plan. Offrir un lot de terre près de la forêt de Brokylone à Adros et Ludi en échange de leurs anciennes terres. Et le Comte y consentit. C'est ainsi que seulement deux jours après leur arrivée, ils quittèrent la cité pour voyager vers l'ouest, et vers la forêt des dryades. Nalec comptait profiter de l'opportunité pour aller rendre visite à ce peuple, accompagné de Ludi, tandis qu'Adros, avec plusieurs ouvriers engagés à la va vite, commencerait la construction de la ferme et de l'auberge à coté de la garnison désormais vide et inutilisée.

Les terres à l'ouest de Pilmaldur était composé en partie de la forêt de Brokylone, et l'autre partie était une grande plaine, à l'herbe courte avec deux nivelés, l'une près de la forêt et l'autre formait une colline sur la versant Sud du Comté. La caserne avait été construite aux abords de la forêt, sur une position haute avantageuse. C'est là qu'ils campèrent. Ils constatèrent assez rapidement que le lieu était fréquenté, surement par des voyageurs de passage. Bien qu'ils installèrent leur camp en milieu d'après midi, ils se reposèrent une nuit complète et firent une longue pause. Ludi régala à nouveau la compagnie d'une ballade accompagné de quelques accords de luth. Adros contemplait la plaine d'un oeil critique. Entre le rachat de bétail et la qualité du sol, il avait nettement perdu au change. Son humeur se fit maussade. Nalec le remarqua et le méprisa. Après tout il était le vainqueur.


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MessageSujet: Re: Ludi   Sam 6 Déc - 19:27

Le lendemain matin, Nalec et Ludi partirent ensemble vers la forêt de Brokylone. Ludi était impatiente de voir les dryades, ces fées légendaires et dangereuses. Si elle n'appréciait pas Nalec, à cause de la rivalité qu'il y avait entre Adros et lui, elle ne pouvait s'empécher de lui être reconnaissante, car grace à lui elle verrait des personnes incroyables, un peuple de femmes-guerrières vivant en exclusion totale dans leur foret, ayant leur propre culture et une originalité qu'on ne trouve nulle part ailleurs sur la Terre.

Ils pénétrèrent dans la forêt, calmement, attentif à tous les bruits alentours. Ils savaient qu'ils n'entendraient pas les dryades, ne les verraient pas et ne détecteraient pas leur présence, sauf si elles le permettaient. Ils s'enfoncèrent plus loin, jusqu'à ce que la forêt couvre la majorité de la lumière. Nalec ne portait pas d'armes, c'était interdit.


Bien on s'arrête ici. Assis toi quelque part. Je vais chanter en elfique quelques moments et attendre qu'elles viennent à nous.

Le chevalier s'agenouilla sur le sol et commença à réciter l'une des deux seules ballades elfiques qu'il connaissait. C'était un chant sur la beauté de la lumière lunaire et la vénération des elfes pour la lumière des étoiles. Il l'avait apprise grace aux elfes de la vallée sans nom, loin à l'est de Pilmaldur. Il chanta la ballade une fois, puis une deuxième. Il chanta la seconde ballade, plus fort. Mais aucune réponse ne vint des arbres. Il attendit, il était patient. Il chanta encore et encore. Il chantait mal, il le savait, et chanter devant Ludi ne plaisait guère à sa fierté. Il chanta pendant des heures, jusqu'à finalement perdre courage.

Déçu et inquiet, il se leva et proposa à Ludi de partir. Lorsqu'ils revinrent au campement, Adros lut sur leur visage troublé que quelque chose n'allait pas. Ludi lui raconta en quelques mots, et Nalec partit s'asseoir devant le feu. Il réfléchissait.


A quoi penses-tu Nalec?Demanda t-elle.
Nous étions loin dans la foret, elles auraient du nous entendre, j'en suis sur.
Peut être qu'elles n'étaient pas là, nous réessaierons demain.

Le lendemain matin, ils repartirent. Mais cette fois-ci Nalec prit ses armes et son armure. Il s'agenouilla et chanta trois heures durant. Sans résultat. Finalement il se releva et tout en marchant à grand pas, il cria les noms des quelques dryades qu'il connaissait.

Calme toi Nalec, elles ne sont pas là !
Ce n'est pas normal !Un bruit dans les fourrés le mit aux aguets immédiatement.
Il n'y a rien Nalec, c'est inutile, c'est pas grave.
Je m'en vais les chercher.Sa décision était prise depuis longtemps.Elles surveillent les frontières, toujours. Voici au moins deux jours que personne n'est ici. Il s'est surement passé quelque chose, je vais aller dans la forêt trouver leur refuge. Tu arriveras à retourner au camp?

Ludi resta interdite quelques instants. Nalec pivota la tête, signifiant qu'il attendait une réponse.

Je viens avec toi.Dit-elle d'une voix ferme. Nalec leva les deux sourcils et s'écria.
Jamais de la vie. Cette forêt c'est pas une blague, il y a des monstres, des marais, des pièges empoisonnés, et je ne sais quoi d'autre, c'est trop risqué.
Je ne te laisserais pas aller seul! Moi aussi j'irais!Nalec perdait patience, et comme à chaque fois que cela lui arrivait, il prit un ton très calme.
Ecoute Ludi, moi j'y vais parce que je m'inquiète, toi tu n'as pas à y aller.
Fais moi juste un peu confiance, je peux le faire, et je le veux!Pour finalement perdre tout controle.
Pauvre idiote, que crois tu pouvoir faire!? Tu n'es qu'une paysanne sans force ni intelligence. Tu crois savoir comment survivre ici?! Comment vaincre les monstres?! Et une fois dans la ville des dryades, que feras tu hein? Que peux tu faire?

Le visage de Ludi s'empourpra et elle répliqua violemment.

Et toi alors?! Quel aide peux tu apporter? Tout ce que tu sais faire c'est faire du mal aux gens que tu rencontres! Tu obéis sans réfléchir et quand tu réfléchis c'est pour mentir. Qui voudrais de ton aide à toi?! Tu ne sais que te battre et prendre les gens de haut, nous sommes vivants nous aussi, nous avons des sentiments, mais ça tu t'en fous, tu n'es qu'un noble arrogant et un meurtrier sur commande! Je vois pas pourquoi les dryades voudraient te voir, personne ne peut t'aimer!

Les mots avaient touché Nalec en plein coeur. Et si elles l'avaient tout simplement ignoré? Il eut mal. Très mal. Il flanqua un coup de bouclier dans le ventre de Ludi, celle-ci s'effondra à terre.

Rentre au camp!Et il tourna les talons pour s'enfoncer dans la forêt, tout en tirant son épée.

Ludi, toujours à terre, se tenait le ventre. Elle surpassa la douleur et tenta de se relever. A ce moment là, une partie de l'arbre en face d'elle se détacha du reste du corps. Ce qu'elle croyait être le tronc de l'arbre s'affaissa et se plia comme un serpent. Elle comprit alors que ce n'était pas du bois, mais un ver, un ver géant de la taille de deux hommes, gris et marron, avec des dizaines de pattes. Le scolopendromorphe posa la partie avant de son corps à terre et montra son horrible tete. Elle se résumait à quatre petits yeux noirs au dessus d'une gueule ronde comme le reste du corps, pourvu de nombreux crocs suintant.

La bête s'approcha de la paysanne. Ludi poussa un cri. Immédiatement Nalec se retourna et vit l'affreux ver. Ludi tourna le visage vers Nalec et le vit courir arme à la main pour la secourir. Mais il était loin, trop loin pour pouvoir s'interposer. La bete s'approcha d'elle en se contorsionnant de manière abject, ouvrant très grand la gueule. Ludi serra le poing, elle tremblait d'une peur qui se muait en rage de survivre. Quand soudain un éclair blanc jaillit et percuta le ver. La scène reprit alors son rythme et ses couleurs. Ludi ouvrit grand les yeux et vit l'épée de Nalec plantée jusqu'à la garde dans le corps de la bete, qui hurlait d'une voix mi grave et mi aigüe.

Il avait lancé son épée et chargeait à présent vers la bête, avec rien d'autre que son bouclier. Le ver se tourna vers lui et lança un cri de défi. Le chevalier fit le signe d'Aard et le monstre reçut un coup en pleine tête, qui ne lui fit hélas aucun dégat. Sans arrêter de charger, Nalec le frappa de tout son poids avec son bouclier, espérant lui briser les crocs. Mais le monstre était lourd, et receptionna bien la charge. Le ver se tortilla et se dégagea, faisant tomber Nalec qui appuyait de tout son poids sur lui. Mais le chevalier fit une roulade, se releva en se posant entre lui et Ludi, et tira son poignard, sa dernière arme. La bête cria avant d'attaquer, Nalec cria en retour.

Ludi vit qu'il ne s'agissait pas d'un combat entre un chevalier et un monstre. C'étaient deux animaux, animés par une rage semblable, la rage de tuer, de vaincre, ils n'avaient plus de personnalité et ne pensaient à rien d'autre qu'à frapper leur ennemi. Elle voyait son protecteur, penché en avant, bras écarté, un poignard étincelant dans la main, ouvrir grand la bouche pour crier sa haine contre le monstre. Le ver chargea et trompa Nalec en se tortillant, sa vivacité était exceptionnelle pour un si gros corps. Il mordit Nalec à la jambe. Celui ci frappa frénétiquement de son bouclier sur le crane du monstre, sans résultat. Il prit alors son poignard à deux mains et tenta de le lui planter dans la tête, mais le cuir du monstre était trop dure et il rata à plusieurs reprises. Ludi, le sang bouillonnant de rage, se releva, et sans peur fonça sur la créature. Elle posa le pied sur le corps du monstre, prit l'épée enfoncée de Nalec à deux mains, et tira de toutes ses forces. La lame s'extirpa dans un bruit de sussion, accompagné du hurlement de la créature, qui relacha sa prise. Le sang gicla à gros bouillon et le monstre entama une longue série d'hurlements d'agonie. Elle convulsa à terre pendant un moment, avant de se trainer, blessée mortellement, vers la forêt pour fuir.

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MessageSujet: Re: Ludi   Lun 8 Déc - 13:44

Nalec haletait, il inspirait de grandes goulées d'air, cherchant à expulser le feu qui était en lui. Il regarda son ennemi partir dans la broussaille et ressentit l'exultation de la victoire. Ce n'est que lorsqu'il se tourna vers Ludi qu'il sentit la douleur dans sa jambe. Il testa un peu ses appuis pour voir à quel point c'était grave. L'armure avait absorbé le choc, mais en trois points les crocs s'étaient enfoncés.

Ludi rendit son épée à Nalec et elle entreprit de le soigner. Quand ce fut fait, le chevalier se releva et planta son regard dans celui de la paysanne.


Partons.Dit-il en se dirigeant vers le Nord, sans ajouter un mot de plus.

L'après midi se poursuivit à travers ronces et terrains boueux. Il n'y avait nul sentier dans cette forêt, aucune indication. Ludi se fiait entièrement à Nalec, qui avait accomplit ce voyage seulement trois fois. Ils furent vite en nage car le terrain était difficile, et leurs bottes furent mises à rudes épreuves. Mais ils marchèrent d'un bon pas, car Nalec était pressé par une inquiétude grandissante, poussé toujours plus avant, d'une force téméraire. Dans son esprit, il devait aider les dryades, qu'importe le prix, pour lui ou pour les autres.

De temps à autre, Ludi voyait Nalec se figer, et faisait alors de même, jusqu'à ce que le bruit dans les buissons ait entièrement disparu depuis plusieurs minutes. D'autres fois, il lui faisait faire un grand détour en marchant le plus silencieusement possible. Une fois seulement, il tira son épée de derrière son dos et se mit en position de combat, et en regardant bien devant elle, Ludi vit une ombre sous les arbres. Mais le combat n'eut pas lieu. Ils ne s'arrêtèrent qu'à la nuit tombée, au pied d'un gros rocher qui jaillissait d'un tapis de mousse. Dans cette forêt, chaque centimètre carré de lumière était convoité par une dizaine de plantes, c'était une lutte sans pitié pour la survie qui rendait le coeur de la forêt particulièrement sombre. Ils ne firent pas de feu, trop risqué.

Ils se couchèrent comme ils purent et durant la nuit Ludi se blottit contre Nalec. Il la prit dans ses bras, sentit ses cheveux lui chatouiller les narines et la fermeté de sa peau. Et ce fut tout, il ne s'agissait que de se réchauffer. Ils repartirent le lendemain matin, motivés par le froid matinal, leurs vêtements couverts de rosée. Nalec était d'une humeur maussade. Ludi n'eut aucun mal à voir le trouble dans son coeur, bien que fier et arrogant, il avait peur.

Le second jour de voyage se passa plus lentement, ils marchèrent moins vite et faisaient souvent des pauses. Nalec cherchait sans arrêt le soleil pour tenter de s'orienter. Il ne parlait pas et ne demandait pas conseil. Il jurait dans sa barbe et regardait toujours tout autour de lui, autant pour s'orienter que par vigilance. Sa frustration était palpable, tellement qu'à la fin Ludi craqua.


Bon Nalec, qu'est ce qu'on fait là?
On avance.Répondit-il d'une voix glaciale.
Et tu crois qu'on avance dans la bonne direction.
C'est probable.
Mais tu n'en sais rien du tout.Il se retourna brusquement.
Bon tu as une meilleure idée? On va pas rester ici à rien faire.
Il faut qu'on se repose et qu'on réfléchisse un peu.
Non!Et il reprit sa marche.
Tu es vraiment insupportable.
Oh mais tu vas arrêter oui? Qu'est ce que tu vas bien pouvoir me dire? Tu ne crois pas que j'ai déjà pensé à tout ce qui a bien pu te passer par la tête. J'ai pas besoin de toi pour me dire ce dont j'ai déjà réfléchis.Dit-il avec exaspération.

Ludi jura violemment en tapant du pied.


Mais c'est pas possible. Tu vas arrêter de faire comme si tu étais le maitre du monde?! Comme si tu savais mieux que tout le monde. La vérité c'est que tu es perdu et apeuré! Je veux atteindre le pays des dryades autant que toi et je suis aussi intelligente que toi!
La vérité c'est que tu m'es complètement inutile. La seule raison pour laquelle je te garde c'est parce que si je t'abandonne tu mourrais en une journée.Répondit-il avec suffisance.
Garde ta superbe pour quelqu'un d'autre, j'en ai déjà vu des dizaines, des hommes comme toi qui faisaient les fiers. De quoi peux tu être bien fier, toi misérable chevalier sans personne avec lui.

Le voyage continua ainsi jusqu'à ce que l'après midi touche à sa fin, jusqu'à ce qu'ils entendent une série de jappements et d'hurlements bestiales à l'est. Ils se rapprochèrent. Au milieu des cris de combat, Ludi perçut quelques cris plus aigüs de douleur.

Reste ici.Et il partit en tirant son épée. Il revint deux heures plus tard, portant dans son dos la carcasse d'un cerf qui portait la trace de nombreuses blessures.
J'ai volé ce butin aux loups, et j'en ai tué plusieurs.Il déposa la viande au sol.On va allumer un feu et faire cuir ça.
Et les créatures?
Tant pis.

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MessageSujet: Re: Ludi   Sam 13 Déc - 21:26

Ludi mena la marche pendant une heure tandis que Nalec portait la carcasse du cerf, le temps de trouver un coin abrité. Le sang de l'animal lui coulait sur l'épaule et formait une flasque à sa ceinture. L'abri trouvé fut un creux entre trois arbres, où siégeaient des dizaines de racines tortueuses et solides comme du fer. Les arbres, trop proches les uns les autres, bataillaient pour la motte de terre sur laquelle ils étaient installés, des racines jusqu'aux plus hautes branches. La paysanne fit un feu pendant que Nalec vidait l'animal. Le chevalier essaya ensuite d'en extraire la viande, il l'avait vu faire des dizaines de fois, mais n'avait jamais essayé lui même. Il se retrouva très vite la face et les bras couverts de sang. Ludi prit sa place sans dire un mot. Elle sentait l'humeur de son compagnon et savait que le moindre mot engendrerait une explosion de colère.

Elle enleva la peau du pauvre cerf et le dépeça avec précision malgré le poignard qu'elle avait. Lorsqu'ils s'assirent devant la viande en train de rotir, la nuit tombait. La bonne odeur leur mit l'eau à la bouche, d'autant qu'ils savaient qu'il y aurait de quoi se remplir la panse quatre fois chacun. Il n'avait rien pour assaisonner, il n'avait rien pour dormir. Nalec sentait le sang séché et la charogne, et il n'aimait pas l'image qu'il renvoyait à la paysanne. Alors qu'il mangeait paisiblement, deux yeux lumineux apparurent au dessus d'une racine. Nalec observa l'animal en attendant qu'il se découvre, et celui-ci se rendit compte qu'il avait été aperçu et devint encore plus méfiant. Le chevalier piqua un morceau de viande cuit avec un bout de bois et l'agita lentement devant lui. Les yeux suivirent le morceau avec avidité. Deux oreilles pointues firent leur apparition, comme celles d'un chat.


Un lynx.Murmura t-elle.

Nalec se leva, immédiatement le lynx s'accroupit et écarquilla les yeux, prêt à s'enfuir, ou à se battre. Les lynx arrachaient parfois la gorge des hommes lorsqu'ils se sentaient menacés, et Ludi n'était pas sereine. Elle avait déjà vu des trappeurs chassés ces animaux pour leur fourrure et les avait entendu parler du caractère vicieux de ces bêtes. Le chevalier, lentement, agita le bras d'avant en arrière, et finalement, lança bien haut le batonnet de viande, qui atterrit derrière le lynx. Celui avait levé la tete jusqu'au ciel et après s'être assuré que le grand homme s'était rassis et ne le regardait plus, fit demi-tour vers l'endroit de la chute. Après qu'il eut englouti le succulent morceau de cerf cuit, il retourna à sa cachette pour observer les hommes et la viande, qu'il désirait ardemment. Il fut surpris de trouver un autre morceau, à quelques pouces de sa cachette. Rassemblant toute sa prudence, il sortit et attrapa vivement l'appat, qu'il alla engloutir à l'abri plus loin. Il mangea vite, comme toujours, car il était toujours à l'affut et n'importe quel danger pouvait interrompre son repas.

Il retourna, plus calmement, à sa cachette, ayant décidé que les créatures étranges près de la grosse lumière n'étaient pas dangereux. Ils étaient toujours assis, sans bouger. Il vit le plus puant des deux le regarder à nouveau, saisir un morceau de viande déjà découpé devant ses pieds, et le jeter à mi-distance entre lui et l'endroit où il était. Puis un second, puis un troisième, et un quatrième.

Ludi observait la scène sans dire un mot. Regarder Nalec tenter de racoler le magnifique lynx l'amusait. Il était extrêmement concentré, elle le sentait. Il tentait de paraitre serein pour ne pas déclencher d'alarme chez le félin. Les appats étaient posés astucieusement. Ils purent admirer dans toute sa splendeur la magnifique queue du lynx quand il sortit la première. Il sortit encore une fois prudemment de sa cachette pour saisir avec sa fine gueule l'un des bouts de viandes jetés par terre. Nalec ne le regardait pas, ne bougeait pas, il était immobile comme le marbre. Ludi profita de la scène, et elle remarqua que son compagnon souriait. Lorsque le lynx revint pour le second morceau, il ne partit pas, mais le dévora sur place, tout en les observant d'un oeil. Il avala ce qui restait par terre et attendit, en fixant la carcasse dégoulinante de graisse. Nalec attrapa la viande, se coupa une part, puis détacha une patte du reste, et pour ne pas effrayer le lynx, il ne lui jeta pas dessus, mais la jeta derrière lui. Le lynx bondit avec souplesse. Mais il fut vite rassasié, et avant que le chevalier n'ose se retourner pour le regarder, il était parti.

Après que cette aventure se soit achevée et qu'elle ait reprit sa vie avec son mari, Ludi repensa souvent à ce moment dans la forêt. Elle avait bien entendu, composé une ballade sur cette histoire, qu'elle chantait avec plaisir dans son auberge, mais ce moment avec le lynx n'y figurait pas. Ce n'est que des mois plus tard, qu'elle put mettre des mots sur ce qui l'avait saisi cette nuit là. C'était à ce moment là que Ludi avait comprit pourquoi Nalec était ami avec des elfes et des dryades.

Ils n'éteignirent pas le feu, car il les rassuraient, et que toute manière, l'odeur de la cuisson et du bois brulé se chargeait déjà d'attirer toutes les créatures possibles. Ils décidèrent donc de tenter le diable, et dormir en laissant le feu allumé. La forêt de brokylone était vaste, elle s'étendait sur quatre comtés différents, et abritait des créatures connues d'aucun homme ou être pensant, hormis peut être les dryades et les druides. C'était un pays de mystère, et d'enchantement, où le mot sauvage prenait un sens différent. Ce n'était pas une belle forêt, agréable à regarder ou faite pour se promener. C'était l'expression d'une force implacable, la nature donnait libre cours à ses envies, et si un homme s'y introduisait, et en ressortait vivant, il gardait dans sa mémoire, le souvenir du pays le plus merveilleux qu'il ait connu.
Nalec fut réveillé par un bruit sourd, comme un tremblement dans la terre. Il leva la tête et vit avec stupeur un géant s'approcher de leur campement. Il se leva d'un bond en tirant son épée de derrière son dos. La lame chanta dans les airs et brilla d'un éclat mortel à la lumière du feu. Le géant, à apparence humanoïde, s'arrêta juste au dehors du creux dans lequel ils étaient installés. Ludi se réveilla et poussa un cri de surprise. Elle se leva et avança lentement vers Nalec. En observant la créature, qui approchait les quatre mètres, des pieds jusqu'au sommet du crane, elle remarqua une fine silhouette sur son épaule droite. Elle reconnut sa queue avant de reconnaitre la tête du lynx.

Le chevalier se rapprocha aussi de Ludi, et plaça le feu entre lui et la créature. Il prépara le signe Aard. Il pensait lancer le signe sur le feu dès que la créature s'approcherait pour attaquer, et ainsi projeter des buches enflammées sur elle.[i]

Attens.[i]Murmura t-elle en plaçant son bras en face de Nalec.


La créature se tenait sur le seuil du campement, appuyé contre un arbre, la tête penchée vers le bas pour mieux les observer. Elle ne montrait aucun signe de colère ou d'agressivité. Ce que Nalec prenait pour une attaque, Ludi y voyait une rencontre. Elle contourna le feu et s'approcha de la créature, qui pencha la tête vers elle. Ludi comprit que le géant choisissait de ne pas bouger, pour ne pas faire les effrayer. Mais il avait une lueur d'intelligence dans les yeux, et il jetait des regards furtifs vers le feu. Elle lui parla d'une voix douce en tendant un bras vers lui.

Viens mon grand, oui viens. Aller, ne t'en fais pas. Je connais ton compagnon. Il n'y a pas de danger.

Elle recula d'un pas, et sous les yeux ébahis de Nalec, le géant la suivit. Elle agitait la main devant lui, et le géant tendit le bras, comme pour lui prendre la main. Alors que leurs doigts allaient se toucher, Ludi s'assit brusquement. Un mouvement habile. Le géant l'imita immédiatement et s'assit, provoquant une secousse. Le lynx bondit agilement et atterrit près du feu. Il semblait différent, plus calme peut être, moins sauvage. Voyant comme Ludi avait maitrisé la situation, Nalec rengaina son épée. Le crissement de la lame sur le fourreau alerta le géant et le lynx, mais ils détournèrent vite la tête.

Visiblement c'était le feu qui avait attiré la créature, car elle contemplait les flammes avec fascination. Le géant se pencha, attrapa une grosse racine et la brisa avec un fracas effroyable. Ludi et Nalec ressentirent rien qu'au son, l'incroyable puissance de ses doigts. Ensuite il lança la racine dans le feu, faisant jaillir des milliers d'étincelles. Cette chose inconnue, venait de transformer une nuit terrifiante, en une nuit magique. Ludi et Nalec étaient fascinés parce qu'ils avaient en face d'eux. Le géant avait la peau noir comme l'ébène, deux yeux verts brillants, un crane dégarni, et des longs bras musclés. Elle semblait primitive mais en même temps très intuitive. Ludi alla se coucher, juste pour faire semblant. Nalec, comprenant son manège, s'assit, mais resta en alerte. Au bout d'une heure à observer tour à tour le géant et le lynx, il commençait à se demander quoi faire. Mais alors le géant se releva, saisit une branche d'un des arbre, la brisa, et la jeta dans le feu. Puis il s'allongea de tout son long à coté du feu. Nalec faillit pousser un cri d'étonnement, lorsqu'il vit le géant replier ses jambes, et se mettre en position foetale, comme si c'était un humain. Le lynx quant à lui, bondit jusqu'à la tête de son compagnon, et se roula en boule sur son oreille, ce qui semblait être tout à fait familier.


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